mardi 24 novembre 2009

Festival des Inrocks @ L'Aéronef, Lille




Pour la première fois, je me trouve dans une des villes où le festival des Inrocks fait étape (ce n'était pas le cas de Rennes), dont l'affiche m'avait fait baver d'envie lors de mes années bretonnes. Or, cette année, le programme n'était pas aussi alléchant, mais pas non plus à jeter, et ce, grâce à la présence des américains de Passion Pit. A leurs côtés, les très (trop) médiatisées La Roux et Lissy Trullie, en plus de la franchement bizarre Florence & the machine. 
C'était donc à une soirée à thème qu'il fallait s'attendre vendredi: en effet, quel est le point commun entre La Roux, Lissy Trullie et Florence (pas forcément avec sa machine)? Ouaip, elles sont toutes les trois rousses. A croire que les petits farceurs des Inrocks les ont groupées pour une raison. 
Mais, quand on apprend que La Roux ne pourra pas jouer (pour raison médicale a priori), la terreur nous envahit: l'équilibre capillaire de la soirée est-il en danger?!


Heureusement, les Inrocks ont tout prévu et trouvent en roux de secours* les irlandais de Two Door Cinema Club, dont le frontman est très, très roux. 
Alors personnellement, ce changement n'a provoqué que de l'euphorie de mon côté - La Roux ne m'a jamais enthousiasmée, et Something Good Can Work est définitivement un des tubes de l'été 2009. 
Malheureusement pour eux, c'est dans une Aéronef plutôt vide que les irlandais débutent un set qui sera certes court, mais assez convaincant, face à un public pas tellement chaud. Même s'ils ont l'air d'avoir 14 ans, ils s'en sortent plutôt pas mal.





Alors que la salle se remplit, l'américaine Lissy Trullie fait son entrée sur scène, assez étrangement vêtue. J'avoue j'avais un gros a priori, les mannequins recyclées en singer-songwriter n'étant pas franchement convaincantes. Mais sa reprise de Ready For The Floor de Hot Chip étant assez bonne, j'étais prête à attendre un peu avant de la lyncher. Au final, elle n'est effectivement pas mauvaise. Même si ces titres sont tous plus ou moins les mêmes, et qu'elle sort de scène avant que qui que ce soit ne s'en rende compte, elle arrive à chauffer la salle, mais fait l'erreur de placer Ready For The Floor au début de son set, alors que cela aurait vraiment pu être l'étincelle qu'il aurait fallu pour clore brillamment son set. 





Pour ce qui est de Florence & The Machine, j'avais décidé de me laisser surprendre. Et, effectivement, j'ai été surprise, ne serait-ce-que par la  transformation de la scène en un set de La Petite Maison dans la Prairie: nos années goths. On m'avait prévenue, il fallait s'attendre à tout. Les premières secondes du set sont surprenantes, et carrément hallucinantes. Il est assez rare de croiser dans le milieu pop quelqu'un avec un tel coffre. Là où certaines murmurent mièvrement, Florence démontre ses capacités vocales impressionnantes et les accompagne d'un show "chauve-souris sous acide". Si les premiers titres sont impressionnants, la migraine prend vite fait le dessus sur la surprise. Pas forcément la faute de cette brave Florence, le son étant mal réglé depuis le depuis le début de la soirée, mais elle n'y est pas entièrement étrangère. Après avoir impressionné, elle gonfle. 





Ce qui fait qu'alors que les américains de Passion Pit entrent en scène, les oreilles résonnent encore et les sons électriques sont un peu confus et douloureux au niveau des tympans. Si sur album les américains sonnent vraiment très bien, sur scène, Michael Angelakos fait plus penser à un chipmunk enrhumé qu'à la voix haut perchée mais géniale que l'on peut entendre sur Manners, leur premier opus. Si l'on peut reconnaître certains titres comme Make Light our The Reeling grâce aux claviers, la prestation n'est pourtant pas à la hauteur des espérances suscitées par l'écoute de l'album. 
Et, comme 3 fois auparavant, le groupe quittera la scène discrètement, et ne reviendra pas, laissant la place à un DJ croyant bon de passer du Journey, histoire de réveiller tout le monde. Oh yeah. 


Avec du recul, cette soirée s'avèrera avoir été un peu décevante. Fatiguée (entre autres) par Florence, la foule n'avait plus d'énergie pour Passion Pit. Et pas encore arrivée pour Two Door Cinema Club, elle n'a pu réserver aux irlandais l'accueil qui leur incombait pourtant. Pas de flop total ce soir-là chez les lillois, mais pas tellement d'étincelle non plus. 
Dommage. 




*je tiens à préciser que cette subtile boutade n'est évidemment pas de moi. 



vendredi 20 novembre 2009

Vampire Weekend - Cousins

Les new yorkais ont dévoilé hier la vidéo de Cousins, premier single de leur 2ème album qui devrait sortir en janvier.
Et woaw.



samedi 31 octobre 2009

Hockey - Mind Chaos


Là, deux options s'offrent à moi: soit je passe les 3 prochaines semaines à faire des playlists y incluant semaine après semaine des extraits du premier album de Hockey, soit je me motive un peu et tente de pondre une chronique tant soit peu décente d'un album un peu surprise de cette fin d'année.
L'option n°1 étant un tant soit peu pathétique, j'opte pour la n°2.

Il y a quelques semaines, Hockey, c'était pour moi le groupe auteur de Song Away, single un peu kitsch, mais plutôt drôle, et idéal pour faire face au climat lillois. Et puis, j'ai découvert que ce quatuor originaire de Portland (OR) avait sorti un album qui était disponible chez nous. Une chronique que j'avais lue disait 'If James Murphy produced the Strokes, it would sound something like this"*, alors je me suis dit que ça valait peut être le coup. 
Dès les premières notes de l'album, on comprend la référence à LCD Soundsystem: l'intro de Too Fake, qui ouvre ce Mind Chaos, ressemble étrangement à une version un peu plus étoffée de North American Scum de Murphy & co. 
Pourtant, si la comparaison s'arrête là, l'ombre des new yorkais plane sur ce premier opus. Si j'étais au début un peu sceptique devant le côté "poseur trop cool" à la MGMT (qui méritent de plus en plus de claques), j'ai bien vite laissé mes hésitations de côté tant cet album est convaincant, et ce, dès la première écoute. 
Si le côté tubesque de Too Fake n'est plus à prouver, les titres qui suivent ne se défendent pas trop mal non plus. Il est suivi de très près par le groovy 3 AM Spanish et son refrain accrocheur, par le très kitsch et disco Song Away, le pop-hip-hop de Wanna Be Black ("everyone's making dance music true, but we started in 2002") ou - et non vous ne rêvez pas - la country de Four Holy Photos
Quitte à choisir entre pop, rock, funk et disco, les américains prennent tout et produisent un album vraiment bien ficelé, dansant et efficace. 
Si certains titres ne parviennent pas à convaincre totalement (Work, ou l'horrible ballade folk Everyone's The Same Age ) on attribue ça à leurs premiers pas, on leur pardonne, on s'en tient au reste, et on apprécie cet air rafraîchissant tout droit venu du Pacific Northwest, qui change des psychotiques MGMT ou des cokés prétentieux The Killers et The Virgins. 


Cet album ne sera probablement pas album de l'année (Bishop Allen, Editors et The Rakes se battent déjà pour le titre),mais il a garanti sa place dans le haut du classement. Et puisque Grubin dit "I wont get full of myself, coz i cant afford to be" (Song Away), on veut bien le croire, et on leur donne une chance. 


Hockey: site officiel, MySpace 


(*après recherche, la chronique était celle du Guardian). 

mercredi 28 octobre 2009

Nights Out.

C'est assez fou le temps que l'on peut perdre sur YouTube lorsque l'on a aucune volonté. Et ça commence toujours de la même manière: "tiens, si j'allais voir la vidéo de (insérer ici le nom de groupe très hype à un moment donné") et ça ne se finit pas toujours bien (c'est-à-dire "tiens si j'allais voir des vieux clips de trucs que j'écoutais dans les années 90").
Bref, tout ça pour dire que hier soir, je suis tombée sur une montagne de pépites, et tout d'abord, celle-là.



Si Astronauts and All est bien un vrai titre de Foals, la vidéo n'était, à l'origine, pas totalement prévue à cet effet.
Enfin bref. Ma séance d'hier soir fut majoritairement composée de reprises - de très très bonnes à franchement mauvaises. Ici un (petit) échantillon: 





Si Kate Nash rend ce single des Arctic Monkeys plutôt intéressant, il n'en est pas de même pour sa reprise de Hang Me Up To Dry, carrément insipide. 




Les anglais sont très enclins à la reprise de ballade un peu niaise, comme ils le prouvent, entre autres, ici sur Everything I Do.








Et enfin, last but not least, les anglais de White Lies qui reprennent assez brillamment Love Lockdown de Kanye West. 



Promis, demain, j'arrête.


lundi 26 octobre 2009

GoodTunesForYourEars #27


Des américains tout droit débarqués de Portland, avec du rock très très dansant.


Un titre vraiment très très bien foutu et qui porte merveilleusement bien son nom et mérite son titre "d'Earcleaner".

Les américains reprennent le titre (déjà pas mal repris de son côté) de Electric Light Orchestra, pour la compilation PEACE projet conjoint des DJs espagnols Buffetlibre et d'Amnesty International, qui regroupe du très très beau monde et sortira en janvier prochain. Plus d'info ici.

Un titre inédit, gentiment offert par Polyvinyl sur sa compilation Simple Mental Math (qui contient également un inédit de Mates Of State), disponible gratuitement ici.


jeudi 22 octobre 2009

RIP The Rakes

7 mois après la sortie de leur 3ème album Klang!, 4 ans après Capture/Release, leur excellent premier opus, les anglais de The Rakes annoncent, sur leur site officiel, et leur page MySpace, leur split, prenant effet immédiatement, et annulent par là le reste de leur tournée anglaise et américaine.
Ci-dessous, leurs explications ...

Hello everybody,

It is with great regret that we announce the end of The Rakes. Here is a few words from the band themselves.

"The Rakes have always been very adamant and proud of the fact that we give 100% to every gig we've ever played. If we can't give it everything then we won't do it. That was the rule we set ourselves from day one.

After much deliberation we have come to the shared conclusion that we can't give it 100% anymore and regret to announce that The Rakes are calling it a day. We are sorry to let down all the people who were coming to see us on the UK & US tours. Writing your own obituary is a surreal thing to do but we want to give particular thanks to our much-loved fans, all the great people we've worked with over the years, our management and loyal record label. We feel privileged to have had the opportunity to write music together and perform around the world. Genuinely, thanks for the good times.... That was one hell of a party! But now, we really must get some sleep."

You'll be missed.

Bien contente de les avoir vus en mai à Munich, où leur set, certes court, avait été plutôt intense, et, pour se consoler, une rétrospective, en vidéo:








lundi 19 octobre 2009

Editors - In This Light And On This Evening

L'euphorie de Bullets, Blood et Munich passée, je n'avais pas trop prêté attention aux anglais d'Editors. J'avais beaucoup aimé The Back Room (notamment en raison des 3 singles sus-mentionnés), mais la sortie de An End Has A Start en 2007 ne m'avais pas tellement préoccupée.

Et puis, au cours d'une virée chez le disquaire à l'enseigne jaune, je me suis rappelée avoir vu quelque part qu'ils avaient sorti un nouvel album qui valait l'écoute.

Effectivement.

Dès les premières secondes de In This Light And On This Evening (qui est non seulement le titre de l'album, mais également celui de son premier titre) - Whoaaaa. Voilà tout ce que j'ai pu penser. Whoaaaa. Quand j'aime beaucoup, j'ai du mal à formuler des phrases sensées. La preuve par cette chronique.


Dès les premières secondes, Smith nous colle des frissons. La voix est meilleure que sur The Back Room - moins j'imite Interpol qui imite Joy Division et plus 'j'ai découvert que je pouvais faire des trucs intéressants tout seul'.

"I swear to God I heard the Earth inhale": sombre, électrique, presque biblique. Et alors que ce titre semble être seulement une introduction à une possible apocalypse, la tonalité change complètement au milieu du morceau avec une batterie et une basse qui donnent un nouveau souffle à une combinaison qui fonctionnait déjà très très bien. Difficile après un titre pareil de ne pas appuyer sur repeat et de l'écouter jusqu'à ce que le disque s'use.

Seulement, ce serait un peu con quand même de s'arrêter en si bon chemin. Après tout, si ils commencent comme ça, ils doivent avoir des ressources derrières.


Je ne croyais pas si bien dire.

Papillon, placé en 3ème position, et accessoirement premier single, montre son potentiel hymnique dès les premières notes. Des synthés auxquels il est difficile de résister, peu de paroles, une catchphrase (it kicks like a sleep twitch) qui fonctionne à merveille - et Tom Smith qui prononce papillon avec un accent tout bonnement délicieux. Et hop, un tube.


Après You Don't Know Love, The Big Exit calme le jeu, moins de tension, plus d'envolées lyriques - mais toujours des synthés. Alors que The Back Room misait beaucoup sur des riffs accrocheurs et instantanément efficaces, In This Light And On This Evening vire les guitares et les remplace par des synthés qui donnent une toute autre dimension à leur musique. Exit les ados qui faisaient du rock dans leur garage - ils donnent maintenant dans les titres plus mûrs à la production léchée. Fidèles à leurs débuts, ils ne laissent pas pour autant tomber la tension et l'électricité qui vont de pair avec leur côté toujours sombre - et un peu défaitiste, avec, parfois, quelques pointes (musicalement) un peu plus lumineuses (lumineux, pas joyeux. On est anglais ou on l'est pas) comme Eat Raw Meat = Blood Drool (pour ce qui est des paroles, la lumière, pas trop) ou You Don't Know Love avant un retour aux sources sur Walk The Fleet Road, sur lequel plane le fantôme de Ian Curtis.


Si tous les titres n'ont pas dès la première écoute l'impact de Papillon ou ITLAOTE (moi aussi je sais être cool et utiliser des acronymes), ils n'en sont pas moins bons et l'album se tient plutôt bien, et sera probablement dans mes tops d'ici deux mois.


Le truc cool, c'est que les anglais sont en tournée en Europe en ce moment. Le truc moins cool pour moi, c'est qu'ils seront à Paris, Lyon, Bruxelles, Amsterdam, Antwerpen etc... mais qu'ils ne sont pas foutus de passer par Lille.



MP3